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Les Rencontres du Papotin : belle innovation sociale et culturelle !

Plongée dans un univers de fraîcheur, d’authenticité, de candeur qui fait le plus grand bien : les Rencontres du Papotin touchent, font mouche et réjouissent le cœur – elles peuvent aller jusqu’à vous mettre la larme à l’œil.

Parce que chacun de nous aspire à être ce qu’il est, sans filtre, et que dans notre société, il n’est guère courant d’en faire l’expérience. En cela, cette initiative est une véritable innovation sociale.

Mais qu’est-ce que ce drôle de magazine télévisuel qui nous propulse dans nos propres émotions ?
Après 30 années d’existence du journal Le Papotin, créé par Driss El-Kesri, et rédigé par des journalistes non-professionnels porteurs d’autisme, Éric Toledano et Olivier Nakache, réalisateurs d’ «Intouchables », ont proposé à France 2 la création de cette émission éponyme. Un samedi par mois, une personnalité répond aux questions atypiques des journalistes. Julien Bancilhon, rédacteur en chef de la publication et psychologue, en assure la fluidité avec tact.

Rencontres du Papotin - Capture d'écran image France 2
Rencontres du Papotin - Capture d'écran image France 2

Dès la première seconde, le spectateur peut percevoir l’atmosphère inhabituelle du plateau où sont rassemblés nombre de jeunes journalistes neurodivers : regards échangés, attention aiguisée pointée vers l’autre, douceur des mouvements, sourires discrets, comme une certaine délicatesse qui flotte dans l’air. Dans ce contexte particulier où la parole de chacun a son importance, l’on peut sentir que tout peut arriver, que tout peut être dit.

Comment ne pas être cueillis par le jaillissement des questions inopinées, non convenues, parfois drôles, souvent touchantes, et presque toujours déconcertantes, qui désarçonnent, l’éclair d’un instant, les invités les plus aguerris aux interviews.
C’est justement parce que les questions sortent du cadre des conventions sociales et émergent d’un espace de priorité pour le journaliste atypique que le spectateur, tout comme l’invité, est pris de court et qu’il n’a pas le temps de se saisir de l’émotion qui surgit en lui. Cette fraction de seconde de déstabilisation suffit à ouvrir une brèche, d’entrevoir et ressentir un espace profondément humain, intime, qui parle à chacun et de chacun de nous, neuro-atypiques et neurotypiques confondus.

Ici les autistes, dénués des filtres habituels, viennent chercher les neurotypiques dans leurs retranchements, c’est-à-dire les rencontrer au-delà des filtres, avec poésie et humour. Il est heureux que des media modernes créent de tels espaces, précieux pour faire évoluer notre perception de l’autre mais surtout de soi-même, devenir de plus en plus capable d’accueillir en nous l’inconfort de la différence, ce que chacun de nous aimerait parvenir à cacher au regard des autres. Cette émission réjouissante nous y invite si bien, avec tendresse, certes, mais aussi avec cette impérative demande de vérité à laquelle nous pouvons nous exercer pour sortir des jugements et enfermements.

Christine Régnier:
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